La Ville a toujours joué un rôle important dans les sociétés humaines : C’est d’abord le lieu de l‘échange marchand qui met en relation les productions des alentours. La Ville est d’abord un marché où se croisent des objets et des denrées plus ou moins lointains et plus ou moins rare selon la taille de la ville. C’est ensuite une expression du pouvoir de faire société dans une enceinte délimitée et finie. La ville a très tôt dans l’histoire incarnée la nécessité du rassemblement humain pour se fédérer et se protéger. C’est donc un lieu de pouvoir et de l’expression de ce pouvoir par son administration ou par le recours au monumental. C’est aussi, de fait, un objet politique important qui a permis de développer les embryons de la démocratie moderne. Lieu central d’expérimentation et de confrontation des idées, lieu peuplé, lieu de passage : la Ville portait en elle les ferments d’une culture démocratique. Enfin, quand une civilisation croise un territoire, la Ville devient lieu de culture et de culte, expression du divin et de l’art.

Pourtant, si l’histoire met en évidence la consistance du phénomène urbain, elle souligne tout autant la présence de l’habitat rural, très longtemps majoritaire. Ce qui aujourd’hui vient changer la donne, c’est que la Ville concentre en elle non plus seulement les hauts lieux de la culture, de l’économie et de la politique mais aussi –et surtout- la très grande majorité de l’habitat humain. La Ville n’est plus le point structurant d’un territoire hétérogène mais devient le territoire de peuplement. Le renversement du paradigme de l’habitat n’est pas sans véhiculer son lot de difficultés et d’échecs. Le modèle de vie urbain est-il par exemple le plus adapté à notre idéal socialiste d’émancipation des individus ? Autrement dit, vivons nous une vie de qualité en ville ?

Les maux de ce siècle sont très largement causés par nos modes de vie « Ã  l’occidentale ». Obésité, dépression et stress viennent se substituer au triptyque ancien de la peste, du choléra et de la famine. Notre alimentation, la structuration du travail et notre mode de vie urbain constituent trois causes aux maux d’aujourd’hui. Les maux plus profonds de la société ont une propension naturelle à être exacerbés dans les lieux de forte population. L’impact est important et génère une détresse sociale ou économique facteur préalable à la criminalité. C’est ainsi que les villes sont des zones naturellement criminogènes, ce fait étant renforcé par la grande diversité de populations qui peuvent provoquer communautarisme, enfermement, peur et rejet d l’altérité. Il faut souligner que les choix architecturaux et urbanistiques sont de nature à influer sur les modes de vie et provoquent dans les faits des ghettoïsations pour classes dominées et, plus rarement, pour les classes dominantes.

Les souffrances de notre société et de ses habitants ouvrent le champ d’une écologie politique qui pense l’humain au cÅ“ur d’un système complexe dont la finalité, socialiste, est l’émancipation individuelle et collective. Notre réflexion s’inscrit donc dans ce qu’il est possible d’envisager pour une vie digne et de qualité dans un référentiel urbain. La politique, dans le pouvoir redistributif et régulateur qu’elle réserve, peut agir dans le sens de l’amélioration des conditions matérielles et morales des humains. Aussi faut-il se demander comment mieux vivre en Ville ?

Beaucoup avant ce jour ont pensé la cité idéale, imaginé la Ville parfaite, entrevu ce que pouvait être un modèle urbain. Plusieurs ont tenté dans les faits de changer la Ville ou d’en inventer une nouvelle. Une certaine conception du monde, de l’environnement, de l’Humain et donc de la Ville a irrigué ces esprits. Qu’est ce qui aujourd’hui, chez les jeunes socialistes, peut améliorer la Ville ?

Nous sommes favorables à la mixité sociale, à la continuité urbaine de l’habitat, à l’égalité des territoires, à la présence homogène des services publics, à la démocratie de proximité, à l’exercice d’une souveraineté locale, à la culture décentralisée, etc. Dont acte !''

Le MJS de l'aube''