Les étudiants troyens passent à l'action!
Par MJS Aube, mercredi 8 avril 2009 à 22:27 :: Actualité locale :: #638 :: rss
Motion adoptée par l’assemblée générale étudiante du 1er avril 2009 au Centre Universitaire de l’Hôtel-Dieu Le Comte avec une majorité des voix.
L’enseignement est en danger.
C’est par le biais de cette motion que nous, étudiants de la faculté, avons initiée afin d’exprimer nos inquiétudes, que nous voulons mettre en lumière les sources du mécontentement qui nous anime vis-à -vis de la réforme dite de la mastérisation des concours édictée par Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale.
Le texte de la motion dans son intégralité, lire la suite...
Nous dénonçons l’absence de concertation lors de l’écriture du décret et les refus d’un réel dialogue sur les points du décret qui fâchent. Après huit semaines de grève, le gouvernement continue de faire la sourde oreille, un simple report ne changeant rien au contenu de la réforme, qui demeure préoccupante pour l’avenir de toute la profession d’enseignant. Nous demandons au minimum un moratoire et une prise de conscience des ministères concernés sur la nécessité de régler ces problèmes face à face et au plus vite, dans le respect même de tous ceux qui sont en première ligne, les étudiants d’aujourd’hui, les enseignants de demain. La situation devient intenable, les maquettes ne sont pas disponibles alors que leur date de remise est fixée à début avril, les notes sont toujours retenues, il est nécessaire que la situation se décante désormais afin de sauver notre semestre et d’obtenir des diplômes valables pour l’avenir. Nous appelons à ce que le gouvernement aide les étudiants français en réagissant et en assurant la continuité, ou le sauvetage, du semestre en cours sans pour autant tomber dans une répression violente, n’ayant pour résultat que d’envenimer la situation. Nous souhaitons une démarche intelligente de conciliation et d’écoute.
Car nous ne pouvons néanmoins cautionner les enjeux de cette réforme, qui implique un très net recul des acquis sociaux et des compétences des professeurs de demain.
Nous avons un besoin impérieux de stages en situation pour nous adapter à la profession d’enseignant, surtout dans des milieux où cette profession est rendue très difficile par des climats d’insécurité et de rejet du savoir. La perte d’une année de rémunération et de cotisation ne peut que nuire aux étudiants les plus démunis, les décourager de se tourner vers la profession, ce qui ne saurait être compensé par une rémunération d’un stage de 108 heures maximum et un système de bourses forcément limité. Nous demandons à ce que soient clarifiées les modalités de stage des étudiants, il est invraisemblable d’utiliser des étudiants pour des remplacements de professeurs en place, ce qui présente un risque à la fois pour les élèves et pour le professeur en charge de la classe.
Nous nous élevons également à l’encontre de la fragilisation du statut des enseignants, l’obtention d’un master ne garantissant pas l’obtention d’un concours dont les places seront limitées en nombre, ce qui entraînera un surplus de vacataires précaires embauchés sur CDD. Nous nous inquiétons d’une perte d’un statut national que ne permettrait pas la seule obtention d’un master enseignement, c’est-à -dire être reçu/collé et employable comme vacataire. Cela impliquerait une restriction de la zone de travail au champ de l’académie de laquelle il est diplômé. On peut se demander si cela n’accroîtrait pas des inégalités entre académies. Enfin, une situation de précarité, permise par la réforme des lycées qui prévoit une plus grande part des prérogatives des chefs d’établissement, une hiérarchisation des matières rendant optionnels un bon nombre d’enseignements, une politique budgétaire prédominante risquent à long terme de détériorer la qualité même de l’enseignement, une profession dont on ne soulignera jamais assez la pénibilité, et qui ne peut en aucun cas mieux former des jeunes avec un couteau sous la gorge.
De même, nous restons perplexes devant le recul de la part du savoir disciplinaire au concours, notamment à l’oral, un comble pour les étudiants en langue. Peut-on vraiment imaginer améliorer l’enseignement du futur en réduisant le savoir des futurs professeurs ? Par ailleurs, nous aimerions obtenir des précisions sur le contenu des enseignements en pédagogie et de connaissance du système éducatif. Une pédagogie rigide et collégiale est-elle une solution face à des classes toutes particulières et différentes les unes des autres ? Nous demandons également à être mieux informés sur le contenu de cette discipline pédagogique ou ces épreuves de connaissance du système éducatif décrétée par le gouvernement et dont on ne sait quelle forme elle prendrait à l’avenir.
L’affaiblissement des coefficients des filières de langue, d’histoire, va à l’encontre des bases sans lesquelles la DGF est distribuée et ainsi mettre en difficulté les universités de banlieue et de proximité, voire tendre à les supprimer. En effet, pourquoi un étudiant irait suivre trois ans d’études pour acquérir un savoir dévalué au concours ?
Nous nous inquiétons de la dotation globale de fonctionnement, qui est répartie de façon arbitraire en tenant rarement compte des besoins des universités mais davantage du taux des étudiants passant les examens. Cette sélection va surtout renforcer les inégalités entre les universités et mettre en danger l’existence de certains établissements.
Il nous apparaît important également de manifester notre solidarité à l’ensemble des institutions universitaires et/ou de recherche face à la nouvelle orientation politique, en ce sens que certains savoirs se doivent d’être transmis de façon décente même lorsqu’ils ne sont pas rentables, notamment les lettres.
Nous ne tolérons pas l’idée de faire des économies au détriment de la qualité de formation, car il ne nous apparaît d’aucune façon que ce projet de mastérisation, hormis ses avantages au niveau européen, améliore le niveau de l’école française. Il nous apparaît contraire à l’égalité des chances de proposer des pôles universitaires d’excellence qui par le coût du logement et des frais d’inscription excluront massivement les étudiants démunis, ce que propose la loi LRU.
Nous voulons que la profession d’enseignant soit davantage respectée.
GJONI Kastriot, ROYER Jérôme, ALANIECE Marie, PILLOT Emeric






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