La député européenne commence d'abord son intervention en saluant l'initiative faite à Barcelone de réunir une partie des jeunes socialistes européens pour aborder des thèmes transversaux qui nous concernent tous : « Nous travaillons en équipe au sein du Groupe au Parlement, et je suis heureuse de voir les jeunesses socialistes apprendre, comme aujourd'hui, à travailler ensemble ». Mais très rapidement la crise fait son entrée : « 3 500 000 vont être perdus en Europe, c'est à mon sens une priorité pour la commission de lutter contre cette importante crise économique et ses répercussions sociales. Malheureusement, l'Europe, telle qu'elle est construite, n'a pas encore pleinement la possibilité de mettre sur pied des réponses globales ». La faute à l'esprit de construction initial du projet européen que Maria BADIA appelle à dépasser égratignant au passage la présidence Sarkozy. Sur le plan des réponses à apporter, la député s'est faite le porte voix du PSE, le Parti Socialiste Européen, en appelant mettre en place d'urgence un fond monétaire de lutte contre la crise, en installant une solidarité active avec les pays de l'Est au sein de l'Union qui sont en décrochage économique et social et en menant une lutte contre les paradis fiscaux. Ces trois mesures phares, et quelques autres, ont été proposées au Parlement sous forme de motion. Constat des difficiles évolutions de l'Europe, une majorité a refusé cette motion. D'où l'utilité, s'il fallait encore le souligner, des prochaines échéances européennes pour doter l'Europe, enfin, d'une majorité progressiste.

Eva GRANADOS a d'abord signalé qu'elle avait été affectée au dernier moment par sa première secrétaire aux débats de ce matin. Si elle n'a pas eu beaucoup de temps pour préparer quelque chose, elle n'allait pas manquer ce moment important et saisir l'occasion pour son organisation syndicale, l'UGT, majoritaire en Catalogne, pour faire valoir leurs analyses et propositions. La syndicaliste s'est d'abord employée à expliciter les conséquences concrètes de la crise sur le terrain. Elle se félicité que « l'union des forces progressistes » se construise face à cet importante lutte. Pour Eva GRANADOS, la priorité est à l'emploi : la lutte contre le chômage doit permettre d'éviter les pires tensions sociales notamment en créant une taxe exceptionnelle sur les super-bénéfices et en relançant l'embauche publique. Il faut aussi s'engager dans un soutien fort à une politique de l'emploi et de la recherche qui aille dans le sens du soutien au système productif. Enfin, elle appelle, avec son organisation syndicale, à un investissement public dans les infrastructure et dans les services pour que, malgré la récession économique, la récession sociale ne se fasse pas.

Giacomo FILIBECK est pour sa par resté plus sur des considérations générales. Il s'est d'abord laissé allé à un bon mot : « Être socialiste c'est être malheureux » rapprochant cela du mythe grec de Cassandre, fille de Priam dont la tradition tardive lui accorde le don de prophétie avec le malheur de ne jamais être crue. Elle prédit la guerre de Troie. Le président d'ECOSY précise sa pensée : « Nos anciens ont fait la critique du capitalisme, nous avons fait l'analyse du danger du système financier international actuel. Il y a deux ans, ECOSY et le PES remettaient aux grands de ce monde un document de synthèse pointant du doigts les dangers imminents du système. Deux ans plus tard, rien n'avait été pris en compte et nous avions raison, nous voici dans une crise financière grave et durable. ». Pointant du doigt la fragilité idéologique des néo-libéraux, Giacomo FILIBECK prend l'exemple du ministre italien des finances « devenu le premier supporter de Marx et Keynes aujourd'hui alors qu'il était encore il y a un an un terrible dogmatique ultra-libéral ». Sur le terrain des propositions, le président d'ECOSY rappelle les grands axes du Manifesto adopté à Madrid en décembre 2008 et précise que ces propositions ont été débattues à l'occasion du Global Progressive Forum réunissant directeurs de grandes institutions (Lamy, Strauss-Khan, Gutierez,...), leaders syndicaux, politiques d'envergure internationales, ... Sans transition, mais toujours sur le champ des propositions, Giacomo Filibeck souligne l'affadissement du projet européen par exemple dans le domaine de l'éducation : les conservateurs se félicitent encore du système ERASMUS pourtant seuls 3 000 jeunes en Europe bénéficient de ce système. ECOSY propose d'élargir ERASMUS sous une autre forme à tous les jeunes européens pour que puisse plus rapidement se construire une jeunesse européenne réunissant les étudiants, salariés, chômeurs, associatifs, service civil, entrepreneurs, ... C'est « l'universal erasmus ». « Pour les jeunes socialistes européens, le chemin est encore long et beaucoup de choses restent à faire ». Façon de souligner l'utilité de notre engagement européen...