David LIZOAIN, représentant des jeunes socialistes catalans (JSC), est le premier à intervenir. Pour ce canadien, catalan d'adoption, les valeurs du socialisme sont universelles. Elles transcendent l'aléa de la naissance pour s'adresser dans un rapport d'égalité à tous les êtres humains. Au premier rang des propositions : l'intégration effective à la citoyenneté espagnole est appelée. Et le droit de vote aux élections en est le principal vecteur. L'intégralité de son intervention sera publiée (en anglais) sur notre site d'ici peu .

Pour Johan BÜSER, secrétaire national à l'international des sociaux-démocrates suédois (SSU - Sveriges Socialdemokratiska Ungdomsförbund ), la thématique de l'immigration a constitué un avantage aux conservateurs dans leur victoire en 2006 aux élections nationales, victoire mettant les sociaux démocrates dans l'opposition alors qu'ils tenaient le pouvoir depuis plusieurs dizaines d'années. L'immigration suédoise compte de nombreuses nationalités qui pourraient sembler improbable, pour certaines, dans ces régions du monde : Finlande, Iran, Bosnie, Tchéchoslovaquie, Somalie,... « Nous n'avons pas de parti ouvertement raciste comme c'est le cas en France mais la situation évolue de manière négative en Suède ». En guise d'exemple, le suédois prend comme illustration de « swedish contract », contrat où l'immigrant est sommé de respecter les valeurs de la Suède.

Le Danemark est aujourd'hui dirigé par le parti « liberal-conservative » soutenu par une organisation nationaliste proche de l'extrême droite : le Parti du Peuple Danois qui développe un discours xénophobe. Cette augmentation du sentiment xénophobe et raciste, Lea WERMELIN, secrétaire nationale à l'international des jeunes socialistes Danois (DSU), l'analyse comme étant l'épiphénomène d'une « société sous le coup d'une fragilisation économique et sociale ».

En Belgique flamande, le parti d'extrême droite est apparu sur le thème de l'immigration en développant des thèses xénophobes, nationalistes et racistes. Cette apparition a été possible, selon Wai-Hoi TSANG, secrétaire à l'international des jeunes socialistes flamands (ANIMO), que parce les grandes formations démocratiques traditionnelles n'en ont pas parlé. Suite à l'apparition soudaine de cette extrême droite, les partis de gouvernement ont formé un « cordon sanitaire » pour ne pas s'allier avec l'extrême droite. Cette technique, utile pour ne pas donner de responsabilités aux ultra-conservateurs nationalistes, a aussi contribué à renforcer ces formations d'extrême droite qui ont pu dénoncer à loisirs l'alliance de la droite et de la gauche face à eux.

Prolongeant l'intervention de Wai-Hoi TSANG, Bertrand DUCATILLON, des jeunes socialistes de Belgique francophone (MJS), souligne l'intolérable traitement subi par les populations migrantes dans un pays pourtant en pointe du combat pour les droits de l'Homme à travers le monde. Il envisage la régularisation des travailleurs sans-papiers comme solution utile pour sortir certains immigrés exploités de situations extrêmement difficiles.

Ainssi PIRTTIJARVI, secrétaire à l'international des jeunes socialistes finlandais (SDY Finland), rapporte une augmentation des populistes au sein du Parlement finlandais dans le contexte d'un gouvernement de droite qui favorise les positionnement plus extrêmes chez les parlementaires. Ce qui saute au yeux du camarade finlandais c'est le manque structurel et financier de moyen pour l'éducation et la formation des immigrants, condition sine qua non de la participation des immigrants à la vie du pays.

Les deux représentants des JUSOS (Julia SPREEN et un camarade), les jeunes socialistes allemands, ont repris dans le détail la situation de l'immigration dans cet Etat a centre de l'Europe qui compte une importante population immigrée. Ils soulignent la curiosité germanique liée au droit du sang qui confère la nationalité allemande aux étrangers prouvant, sous certaines conditions, que l'un de leurs ascendants était allemands. Il y a un aspect dérangeant, discriminant, presque xénophobe, en tout cas suranné dans la survivance de cette mesure.

Emilie IGLESIAS, représentante française, a d'abord fait un rapide aperçu de l'immigration en France, essentiellement liée au travail et constituée de vagues migratoires. Pourtant la notion de terre d'accueil est largement liée à l'image de la France « terre des droits de l'Homme ». Elle s'est ensuite laissée allé à une diatribe pointant du doigt la politique en matière d'immigration menée par le gouvernement de droite, Nicolas SARKOZY, Brice HORTEUFEUX et Eric BESSON (ancien socialiste). Le nombre de reconduites à la frontière fait frémir l'auditoire. L'intitulé du ministère de « l'identité nationale » étonne. Les pratiques des forces de l'ordre choquent. La criminalisation de ceux qui aident et portent assistance aux immigrants laisse perplexe. Les camarades constate à quel point la politique de l'immigration est inique en France. L'intervenante avance plusieurs propositions : droit de vote des étrangers aux élections locales, régularisation des sans papiers, possibilité d'allers et de retours entre le pays d'origine et la France, ouverture des universités aux étrangers, facilités dans les échanges de fonds, ratification de la charte des Nations Unies en faveur du droits des migrants, développement d'une véritable politique de coopération, etc. forment des pistes utiles appréciées des camarades catalans et européens.

Jesus GARCEO, enfin, secrétaire national des Jeunes Socialistes Espagnols (JSE), commence directement par une critique acerbe des contrats d'intégration qui fleurissent en Europe : « Si nous avons déjà tous en Espagne tant de différences et si nous sommes forts de ces différences et de cette diversité, nous ne pouvons pas accepter l'idée folle d'un test de connaissance à l'entrée en Espagne ». Pour lui il est important de ne pas parler du « problème » de l'immigration qui pose déjà l'aspect gênant et problématique pour les gouvernements. Il pense au contraire que le sujet doit être abordé de manière séparée en traitant de politique de coopération nationale, de politique extérieure européenne, de la sécurité des frontières, de droits de l'homme, de réforme des institutions. Il ajoute aussi que dans le contexte de ce débat, l'Espagne est le seul pays à avoir, plus qu'une frontière maritime, une frontière physique large de 14 kilomètre avec le Maroc. Cette frontière pose question mais ne doit pas occulter le respect fondamental de la dignité humaine : « il n'y a pas de compromis avec les droits de l'homme ! ».