Du local au global : de Barcelone au Monde
Par MJS Aube, mercredi 1 avril 2009 à 15:41 :: Actualité locale :: #631 :: rss
Rapporté par Dimitri Sydor.
Le samedi matin des assises européennes de la jeunesse socialiste, des 14 et 15 mars 2009 à Barcelone, avait pour objet de parler du projet municipal socialiste de la ville de Barcelone. Plus largement l'occasion était donnée d'envisager les politiques locales et leurs interrelations avec le niveau politique global. Deux camarades sont intervenus avant un échange avec la salle : Jordi HEREU, le Maire de Barcelone et Javier LOPEZ, premier secrétaire de la JSC (Jeunes socialistes catalans) de Barcelone.
Les moments fort de ce premier échange dans la suite...
Javier LOPEZ est intervenu le premier remerciant les participants (entre 100 et 150 le samedi matin) pour leur présence et notamment les représentants des jeunes socialistes venus de l'étranger : Finlande, Suède, Danemark, Allemagne (avec la présence des JUSOS), Italie, Belgique flamande (et son représentant d'ANIMO), Belgique wallone, Jeunes socialistes espagnols (différents des jeunes socialistes catalans), officiels d'ECOSY (les jeunes socialistes européens) et, bien sur, Français représentés par Dimitri SYDOR, secrétaire national du MJS, Emilie IGLESIAS, Animatrice fédérale de l'Aube à l'initiative du jumelage avec la JSC Barcelona et Kastriot GJONI, vice-président en charge des relations internationales.
Le premier secrétaire des JSC Barcelona a ensuite évoqué le contexte de crise qui frappe aujourd'hui le monde et qui souligne la nécessité d'élaborer, collectivement, des réponses globales pour changer le système et, localement, des réponses directes, urgentes et concrètes pour limiter l'insécurité sociale. C'est à ses yeux l'utilité de ce rassemblement qui, en ce concentrant sur le niveau européen et en soulignant l'arrivée prochaine des élections européennes, offre un cadre d'intervention pertinent aux problématiques posées.
Remerciant les JSC et la présence des délégations étrangères, le Maire de Barcelone (2 000 000 d'habitants), Jordi HEREU, s'est lancé dans un discours fleuve commençant d'abord par parler de ce qu'il connaît particulièrement bien : sa ville, Barcelone. « Barcelone a toujours été une ville de mouvements, de migrations, d'ouvertures, y compris sur le plan des idées. Barcelone incarne en Espagne une certaine forme de gouvernement, démocratique, fait des apports et des richesses venant de partout, attachée à l'idéal républicain. Barcelone n'est pas une ville faite par un roi. » Le décors est planté, les mots sont choisis et repris avec force, le maire (alcalde en espagnol) insiste sur les spécificités qui font de Barcelone et de toute la Catalogne une région cohérente à forte identité dans le paysage espagnol. « Il y a sur ce territoire une grande tradition socialiste et un fort courant libertaire. » Barcelone est tenu par la gauche depuis le retour à la démocratie. « Nous préférons l'interculturalisme au multiculturalisme, les valeurs portées par le projet républicain ne sauraient s'éteindre. » Particularité culturelle, le maire de Barcelone a insisté sur l'importance de la fête dans sa ville : « S'il n'y a a pas de cohésion, il n'y a a pas de fête. La fête est une façon de réunir les gens d'horizons divers pour construire une identité collective, cosmopolite. Barcelone veut incarner cette identité festive, conviviale, solidaire. »
« Ouverture, solidarité, culture du travail, culture intellectuelle, culture artistique jalonnent le chemin de progrès enprunté par Barcelone. Liberté, égalité et justice sociale sont au coeur de cet endroit. Nous tenons fermement à l'idée que le marché n'est qu'un outils pour faire le mieux en direction des hommes. L'identité de Barcelone, socialiste, a vocation à servir dans le contexte européen ». Et c'est partant du fait municipal que Jordi HEREU trouve une transition toute faite vers le sujet européen : « Pour construire cette Europe de progrès que nous appelons de nos voeux, les villes doivent jouer un rôle fondamental. D'ailleurs, la plupart des réponses locales en Europe viennent de villes et de leurs territoires. » En guise d'exemple, le maire souligne l'initiative des syndicats français, catalans et valenciens qui ont élaboré en commun une réponse commune à la crise preuve que l'idée d'Europe est présente et sait traverser les frontières des Etats.
Et la gauche sur ces territoires, et la gauche européenne ? « Toute la gauche internationale, tous les mouvements progressistes font l'analyse commune des dysfonctionnement du système capitaliste mondial et ce, bien avant la crise. Toutes ces organisations de gauche ont montré que le néolibéralisme est un mouvement idéologique, abstrait et intelectualisé qui a dominé le marché, imposé son hégémonie culturelle et dénaturé les démocraties depuis des dizaines d'années. » La gauche avait donc un temps d'avance dont elle n'a pas pu (su ?) s'emparer et qui a conduit à faire de la crise actuelle ce qu'elle est. « Les images des dysfonctionnements actuels sont une forme de pornographie », en parlant ainsi, Jordi HEREU souligne la violence de cette crise et l'affront de cet événement prédit et dont les causes sont structurelle et profondément liées à la nature du système capitaliste actuel.
Face à cela, il faut à la fois proposer des solutions globales et des réponses locales, le thème de cette journée de séminaire. Pour le maire de Barcelone, rien ne pourra se faire si les socialistes européens, unis, n'envisagent pas de prendre le contrôle démocratique des institutions financières pour imposer une régulation des systèmes économiques européens puis, mais c'est encore plus complexe, mondiaux. Cela ne peut aller sans une harmonisation vers le haut des conditions de travail d'abord en Europe mais surtout à travers le monde. Ces deux aspects forment l'essence même d'une réponse socialiste à la crise. « Mais c'est une réponse qui nécessite une vraie internationale. J'aimerais vérifier auprès de nos camarades européens que ce socialisme internationaliste existe bien... » lache-t-il finalement avec un brin de malice. Avec d'autres éléments non reproduits ici voilà la vision de Jordi HEREU des enjeux internationaux pour les socialistes.
En terme de réponses locales, un aspect paraît fondamental et prioritaire pour le Maire « il faut relancer les relations de coopération active entre ville en s'inspirant mais aussi en dépassant ce qui a pu se faire en France avec les jumelages. Les villes doivent travailler ensemble et pas les unes contre les autres. Quelle drôle d'idée de mener des luttes entre villes quand la coopération est seule garante des intérêts communs additionnés des territoires ?! » Pour illustrer sa pensée, l'intervenant donne l'exemple du partenariat noué avec Medine en Colombie et Barcelone notamment en engageant des coopérations sur la question éducative : « nous ne voulons pas installer du jour au lendemain un paradis mais avancer peu à peu sur le chemin du progrès ».
Emprunt de beaucoup d'humanisme, les paroles de Jordi HEREU ont un seul objectif : le progrès partagé pour les individus avec un mode : la « paix publique » sorte de concorde catalane. « Ce que nous avons réussi ici à Barcelone c'est cette paix publique qui doit figurer tout le temps dans la tête du politique. » ; « On ne peut pas militer ici, dans les quartiers, pour la paix publique et ne pas le faire par exemple à Médine ou à Gaza. Humblement il faut contribuer à cette paix publique. C'est ce que nous faisons. » En Europe aussi : « ce qu'il faut, c'est une Europe de la proximité. De la subsidiarité. L'Europe de la Paix. ».






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